
Highlight: "We thank Mr. Raphael Garcia for catching us a glimse of Chinatown in the City of Lights. For more information and/or an English version of the presentation, contact "garcia@ens-fcl.fr".
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Premire communautŽ chinoise en France
Le 11 Novembre 1988 le gouvernement franais (MittŽrand) a dŽcernŽ la mŽdaille de la lŽgion d'Honneur ˆ deux vŽtŽrans chinois Lu Hucheng (94 ans), Can Guangpei (92 ans). Ils faisaient partie des 140 000 travailleurs chinois que la France avait dŽcidŽ de recruter pour faire face ˆ la pŽnurie de main d'oeuvre pendant la premire guerre mondiale (1914-18) et dont 3000 dŽcidrent de rester en France. Ils formrent ainsi la premire communautŽ chinoise notamment dans le quartier de la gare de Lyon qui a maintenant disparu avec les travaux de reconstruction.Deuxime quartier
Il se trouve dans le 3me: rue au Maire, rue des Gravilliers et rue du temple. La majoritŽ des chinois du 3me proviennent du quartier de la gare de Lyon. Ils sont originaires de Wenzhou et de Qingtian dans la province du Zhejiang A la foire internationale de 1937 est venu un importateur chinois rŽsidant en Italie pour faire le commerce d'article de cuir (nŽgligŽ par les compagnies europŽennes). Le dŽveloppement de ce commerce inspira les chinois du 3 me arrondissement qui s'y spŽcialisrent. Ils allaient ramasser les crožtes de cuir jetŽs par les usines de traitement et se mettaient ˆ fabriquer des porte-monnaie et des portes documents. Ils sont maintenant 20 ou 30 000.Le troisime quartier Chinois
Aprs Dien-Bien PHU la France et le Viet minh ont signŽ un traitŽ de paix en juillet 1954. En 1957 le prŽsident du sud vietnam (NGO Dinh) dŽcrŽta une loi visant ˆ faire naturaliser de force les chinois du vietnam. Cette loi fut mal acceptŽ par un grand nombre de chinois qui se mire ˆ Žmigrer. En France ils s'installrent aux environ de la place Maubert puis dans le 6 me notamment rue Monsieur le Prince.Quatrime quartier chinois
A cause d'un grand mouvement anti-chinois quelques cent mille Chinois d'outre mer s'enfuirent du vietnam ds 1975 vers les quatre coins du monde. Il y a actuellement 250Ê000 asiatiques dont 70 % (175Ê000) sont des chinois d'outre-mer. 80 000 sont des Teochew (de la province du Guangdong). DŽs le dŽbut ils s'installrent dans le 13 me dans un quartier (triangle de choisy) formŽ ˆ l'origine d'un dŽp™t de la SNCF et de l'usine Panhard. Au dŽbut des annŽes 1970 des promoteurs immobiliers franais ont choisi ce quartier pour construire des grandes tour de 30 Žtages qui ne se vendirent pas ˆ cause de la crise Žconomique mondiale.Cinquime quartier chinois
Les Chinois d'outre-mer en communautŽ dans le 13 me arrondissement de Paris ont donnŽ ˆ ce quartier une prospŽritŽ Žconomique, mais la prospŽritŽ Žconomique a fait monter aussi considŽrablement les prix des immeubles. Et de ce fait un certain nombre de chinois ce sont dŽplacŽs et ont dŽveloppŽ leur commerce dans le quartier de Belleville au rond point des l0me, 1lme, l9me et 20me arrondissement. Trs vite, ce quartier est devenu le cinquime quartier chinois de Paris. on y compte maintenant ˆ peu prŽs 20 000 personnesAutres implantations de communautŽs chinoises aux environs de Paris.
Vers la fin des annŽes 80, les Chinois sont devenus un peu plus aisŽs, mais le prix du mtre carrŽ dans ces quartier a considŽrablement augmentŽ. Aussi se dŽplacent-ils maintenant vers le Val de Marne, prŽs du 13me arrondissement, et y achtent des maisons. Maintenant, les nouvelles villes comme Lognes, Chosy-le-roi, Torcy deviennent les quartiers rŽsidentiels des Chinois.
Les grandes ftes traditionnelles
Les ftes traditionnelles, basŽes sur le calendrier lunaire, sont respectŽes. Les unes commŽmorent des Žvnements historiques, cŽlbrent des dieux ou des anctres, les autres honorent des personnages historiques ou encore les changements de saison. La Fte des Morts au mois d'avril, la Fte des Bateaux-dragons en juin, la Fte du Bouvier et de la Tisserande en aožt. la Fte de la Mi-Automne en septembre sont peu ou pas cŽlŽbrŽes dans la communautŽ chinoise. La seule exception est la fte du Nouvel An lunaire.Le Nouvel An lunaire
Le Nouvel An lunaire - appelŽ ÒFte du PrintempsÓ en raison de la reprise en cette saison des travaux des champs - reste la grande fte cŽlŽbrŽe dans les quartiers chinois et par les Chinois venus de l'Asie du sud-est. Cet ŽvŽnement ne dŽbute pas au premier jour de l'annŽe lunaire, mais au moins quinze jours auparavant, et il se termine quinze jours aprs le jour de l'an. Cette pŽriode est un temps de renouveau. D'aprs la lŽgende, le vingt-quatrime jour du douzime mois, le Dieu du foyer part au ciel faire son rapport sur la famille. De ce rapport dŽpend la bonne ou la mauvaise fortune de l'annŽe ˆ venir. Il faut donc se prŽmunir contre un compte rendu dŽfavorable de la part de la divinitŽ. Avant son dŽpart, on enduit donc sa bouche du sucre de malt pour qu'elle ne puisse dire que des mots doux pendant son sŽjour cŽleste, on lui donne ˆ boire pour que gr‰ce ˆ l'ivresse, elle fasse un exposŽ indulgent, voire inexact. Ensuite, on bržle de l'argent-en-papier pour lui assurer un voyage confortable. C'est pour fter son retour, ˆ la veille du Nouvel An. que la maison doit tre balayŽe, dŽcorŽe ou repeinte. On ne doit donc pas balayer, ni faire le mŽnage le premier jour de l'annŽe autrement on mettrait facilement dehors la fortune qu'on va gagner dans l'annŽe qui arrive. Il est Žgalement recommandŽ de ne pas dire des paroles de mauvais augure le premier jour de l'an, pour Žviter d'attirer sur soi le mauvais sort, etc. Au cours de cette fte on organise des manifestations comme la danse du lion, la dŽmonstration d'arts martiaux, la procession des dieux, etc., qui provoquent une affluence inhabituelle de visiteurs dans les quartiers chinois et une intensification des activitŽs Žconomiques.Les pratiques cultuelles
Le confucianisme, le tao•sme et le bouddhisme sont les trois systmes religieux pratiquŽs par les Chinois de Chine et les Chinois de la diaspora. A c™tŽ de ces grands systmes, d'autres pratiques cultuelles honorent d'autres dieux (du foyer, de la porte, du commerce, des marins, de la fortune...), d'autres personnages historiques dŽifiŽs. ou encore les Anctres. Le sentiment religieux, chez les Chinois, n'a pas la mme signification que dans les civilisations judŽo-chrŽtiennes. La relation avec le spirituel aurait plut™t le sens de ÒreligareÓ un lien qui relie l'homme-le microcosme-aux forces de l'univers. Il ressort de cette ouverture spirituelle que l'esprit religieux chinois accepte et reoit ˆ la fois plusieurs modes de spiritualitŽ. Cette conception polythŽiste du sacrŽ permet aux pratiquants, (le terme fidles serait impropre en ce qui concerne les Chinois), d'adhŽrer aux croyances bouddhiste, tao•ste, confucianiste ainsi qu'ˆ d'autres doctrines religieuses (catholicisme. protestantisme, bouddhisme tha•landais, cambodgien)...Elles permet aux Chinois ŽmigrŽs d'intŽgrer les dieux des populations autochtones aux systmes religieux chinois .A Paris, ce sont en grande majoritŽ, les originaires de l'Asie du sud-est qui continuent de pratiquer les cultes religieux. Ils ont ŽdifiŽ des pagodes ou des lieux de culte au sein de leurs associations (loi 1901). Les Ždifices religieux sont construits gr‰ce aux dons des membres, des pratiquants et surtout des commerants et des restaurateurs. Les pagodes ou autres lieux de prire proposent un culte ˆ plusieurs dieux qui sont, souvent installŽs sur un mme autel ou bien sur des autels diffŽrents, mais toujours ˆ l'intŽrieur d'un mme espace cultuel. Ces dieux de nationalitŽ diffŽrente (par exemple bouddha indien, chinois, tha•landais...) ou de sexe diffŽrent (par exemple Guanyin, le bouddha sous sa forme fŽminine) sont vŽnŽrŽs en mme temps, sans qu'il y ait contradiction ou confusion dans le sentiment religieux des pratiquants. On retrouve ce syncrŽtisme religieux dans les lieux de culte des Chinois de France.
Pratiques et autels privŽs
Les croyances religieuses chinoises n'obligent gure les pratiquants ˆ la frŽquentation rŽgulire ou obligatoire des lieux de culte. Ces derniers ne sont, la plupart du temps, frŽquentŽs qu'a l'occasion des grandes ftes annuelles, mais sont ouverts au public quelles que soient ses croyances. Les rites et les cultes peuvent tre observes ailleurs que dans les pagodes. L'objet des rites et des cultes est de permettre aux croyants de trouver la Òvoie de vieÓ, conduisant ˆ la sŽrŽnitŽ, ˆ la paix intŽrieure.Les autels de type confucianiste (culte des Anctres).peuvent tre ŽlevŽs et installŽs dans les foyers : Une petite table, des effigies ou des tablettes d'Anctres. un bržle-encens (parfois des candŽlabres), des b‰tons d'encens, des bols, de la poudre de santal, des fruits suffisent pour dresser un autel domestique.
La pratique quotidienne des rites est constituŽe d'une sŽrie de gestes relativement simples ˆ accomplir devant l'autel.
Elle comprend:
- Une offrande d'encens qui consiste: ˆ joindre les mains tenant des b‰tons d'encens portŽs au niveau du front et, a fixer, aprs une seconde d'invocation intŽrieure, les b‰tons dans le bržle-encens.
- Un hommage aux Anctres ou aux divinitŽs qui consiste ˆ incliner le buste trois fois vers l'avant, avec les mains jointes devant la poitrine.
- ƒventuellement mais surtout les jours de commŽmoration d'une divinitŽ ou de l'anniversaire de la mort d'une proche, une prosternation ˆ genoux en frappant du front trois fois le sol.
- ƒventuellement, une mŽditation, assise et mains jointes, de quelques minutes.
Centre Teochew
Un exemple de lieu de culte est Centre Teochew de MŽditation Bouddhique de l'Amicale des Teochew en France. FondŽe en 1985, L'Amicale des Teochew (ou Chaozhou) a pour but Òde crŽer une mutualitŽ favorisant l'infiltration sociale en France de ses adhŽrents et de promouvoir l'identitŽ culturelle des TeochewÓ. Depuis plusieurs sicles, les anctres des Chaozhou de Paris d'aujourd'hui ont ŽmigrŽ en Asie du sud-est, mais ont surtout fait souche en Tha•lande, pays de culture bouddhiste. En raison de cette implantation ancienne, les Chaozhou ont intŽgrŽ ˆ leur systme de croyance les dieux tha•landais. Le Centre Teochew de MŽditation Bouddhique est abritŽ au sein de leur association, sous la loi 1901.Disposition de lÕautel
LÕautel est encadrŽ par des inscriptions verticale(Le visage du boudha est comme la pleine lune dans sa puretŽ et rayonne ˆ jamais) et horizontale( Dix mille vertus cardinales) La disposition de lÕautel en trois niveaux correspond ˆ la tradition du bouddhisme chinois et ˆ celle des pays de lÕAsie du sud-est (Cambodge, Laos, Thailande) o vivent depuis plusieurs sicle des communautŽs dÕorigine chinoise.Autel principal
Au premier niveau:Les trois Joyaux, le Boudha, La loi et la communautŽ Au centre, Le Boudha historique (Fo) 556-476 av. J.C, dans lÕattitude du Ma”tre qui enseigne et argumente. A sa gauche, place dÕhonneur, la Loi (Fa) dans lÕattitude de la mŽditation. A sa droite la CommunautŽ (Sheng)dans lÕattitude du tŽmoignage. Le Boudha est reprŽsentŽ dans le style chinois. La loi et la communautŽ sont dans le style tha•landais.
Second niveau:
la triade bouddhique reprŽsentant les trois corps du boudha Au centre (A mi tuo fo) le grand boudha de la mŽditation (Amithaba) qui Žmet une lumire spirituelle infinie et qui rgne sur le paradis occidental. A sa gauche Guanyin forme chinoise de la divinitŽ bouddhique de la compassion (Avalokitesvara) qui est souvent reprŽsentŽe sous un aspect fŽminin.. A sa droite le sauveur des damnŽs (Do shi zi ).
Troisime niveau:
sur une table basse sont disposŽs les instruments du culte destinŽs aux officiants: ˆ gauche le grelot en bois en forme de poisson (mu yu), ˆ droite le bol de bronze (da qing) que lÕon fait rŽsonner pour accompagner la rŽcitation des sutras; au centre les bržles parfums (xiang lu)
Autres autels
On pourra observer aussi dans la salle principale deux autres autels; lÕun dŽdiŽ ˆ Guan Yin sous sa forme fŽminine plus marquŽe que lÕon lÕimplore souvent pour la protection des voyageurs, contre les brigands et les dŽmons, pour pour la guŽrisons des passions nŽfastes et pour avoir des enfants. LÕautre est dŽdiŽ ˆ Di Yu (Ksitogharbha) : le juge souverain du royaume des morts.